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Stéphane Casier

 

1 • Peux-tu te présenter (nom, prénom, promo, campus, fonction actuelle, lieu…) ?

Je suis Stéphane Casier, illustrateur et fondateur de Yeaaah! Studio.
Je suis issu de la promo 2005 de Tours et je vis à Paris.

 

2 • Quel est ton parcours (formation, métier) ?

Après l’obtention de mon diplôme, je suis parti à Paris pour débuter ma carrière de graphiste freelance. Pendant ma première année d’activité, j’ai beaucoup travaillé avec une agence du groupe McCann-Erickson. L’expérience a été très formatrice mais les dossiers sur lesquels je travaillais ne me faisaient pas vraiment rêver, alors j’ai quitté cette routine bien pépère pour monter Yeaaah! Studio avec un camarade de promo, Pierre Tatin. Nos projets étaient principalement des pochettes de disques, des affiches de festival et des affiches de courts-métrages. On devait de temps à autre continuer le free en agence pour combler les vides et payer les factures mais on avait quand-même une grosse majorité de clients en direct. Fin 2012, Pierre a décidé de quitter le studio pour suivre une autre voie, alors j’ai continué seul.

 

3 • Où en es-tu aujourd’hui ?

Après le départ de Pierre, je me suis recentré sur l’illustration en laissant de côté le graphisme, même si je mixe régulièrement les deux. C’est aussi à ce moment que Yeaaah! Studio est devenu une marque de vêtements, accessoires, et sérigraphies d’art. Aujourd’hui, je partage mon temps entre mon travail d’illustrateur et la création des nouvelles collections de la marque. Ma femme a rejoint le studio et s’occupe de tout ce qui concerne la commercialisation de nos produits (envoi des commandes, service client, etc).

 

4 • Comment vois-tu l’évolution de ta carrière ?

Je dirais que je me suis laissé porter par mes envies et que ça m’a réussi. À Paris (et certainement aussi dans d’autres villes, mais je parle de ma propre expérience), un graphiste freelance qui fait bien son travail et a quelques contacts peut vraiment très bien gagner sa vie. J’en connais qui font les mercenaires, d’agence en agence, et gagnent 300 à 500€ par jour, voire plus. Mais pour faire ça, il faut accepter de bosser sur n’importe quel dossier. Tu peux participer à une compet’ super intéressante pendant 3 jours dans une agence, puis passer 2 jours à ne faire que des modifications sur un prospectus de supermarché dans une autre, et ainsi de suite. Certains aiment ça et le font très bien. Moi, j’ai du mal à bosser quand je n’aime pas ce que je fais. Alors j’ai décidé à un moment de ma carrière d’arrêter complètement le free en agence pour n’accepter que les projets qui m’amusent et me plaisent vraiment. J’en ai aussi profité pour développer mon univers graphique en travaillant sur ma marque. Le pari était risqué et j’ai forcément gagné moins bien ma vie à un moment, mais ça a payé sur la durée. Mes travaux ont commencé à être beaucoup relayés sur internet et je me suis fait un nom. Aujourd’hui, on me propose des projets qui me correspondent vraiment et sur lesquels je peux m’éclater. Et quand une agence me propose une collaboration, c’est parce qu’elle veut mon style, pas juste parce que je suis disponible à ce moment là. Je croise les doigts pour que ça continue!

 

5 • Quelle est ta vision du métier ?

Je pense que nous sommes des privilégiés. Je ne me lève pas à 3h du matin pour aller travailler dans une usine à une heure de RER de chez moi. J’ai la chance d’avoir pu faire de ma passion mon métier, ce n’est pas donné à tout le monde.
Certes, c’est parfois stressant, parce qu’il peut y avoir des deadlines super courtes et que les clients ne savent pas toujours ce qu’ils veulent… Mais en règle générale on a quand-même un métier super cool, il ne faut pas l’oublier.

 

6 • Que t’a apporté la formation Brassart ?

Pendant mes 3 années d’étude, j’ai découvert et testé beaucoup de techniques. Le fait que la formation soit axée autour du dessin m’a permis d’avoir des bases solides pour développer mes aptitudes tout au long de ma carrière. J’ai côtoyé de nombreux graphistes et il y a une réelle différence entre ceux qui savent utiliser un crayon et ceux qui se reposent uniquement sur l’ordinateur. Il ne faut pas oublier qu’avant l’arrivée de Photoshop tout était fait à la main, et que le métier d’illustrateur publicitaire impliquait un vrai savoir-faire.

 

7 • Quel souvenir gardes-tu de l’école Brassart ?

Pas mal de nuits blanches parce que je faisais tout au dernier moment, beaucoup de rigolade, des profs presque tous sympas (rires), le jardin des Prébendes, Monsieur Blouin, de grosses fêtes entre camarades… C’est plutôt positif :)

 

8 • Gardes-tu contact avec des anciens de ta promo ?

Oui, je suis toujours très proche de certains élèves de ma promo et de la suivante.

 

9 • As-tu un conseil à donner à nos étudiants ?

Ne surtout pas négliger l’enseignement classique qui est fondamental, comme je le disais plus haut. Il est très important aussi de s’inspirer de ce qui se fait aujourd’hui dans le monde. Avec internet et les réseaux sociaux, c’est de plus en plus facile de découvrir de nouveaux artistes et de nouveaux styles.

 

10 • Quels sont tes critères pour l’embauche d’un jeune créatif ?

Je n’embauche pas pour l’instant mais je reçois pas mal de CV venant aussi bien de freelances que d’étudiants à la recherche d’un stage ou d’une alternance. J’ai pu constater que beaucoup soignent plus leur CV et leur lettre de motivation que leur book. Certains ne joignent même pas de book à leur candidature. Je pense que si je devais embaucher un créatif, je me foutrais pas mal de savoir qu’il a bossé chez McDo pendant l’été 2014, qu’il aime la musique, ou que son Mr.Freeze préféré est celui à la fraise. Le plus important c’est son travail! Si son book est bon et qu’il sait rédiger 3 phrases sans faire de fautes, il aura toutes ses chances d’attirer l’attention d’une agence à la recherche de nouveaux talents.