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Marie Gautheron

 

1 • Peux-tu te présenter (nom, prénom, promo, campus, fonction actuelle, lieu…) ?

Marie Gautheron, promo 2008 à Brassart Campus Tours, Directrice artistique chez adopteunmec.com à Paris (1e).

 

2 • Quel est ton parcours (formation, métier) ?

Après mes études à Brassart, j’ai fait une année de spécialisation à Paris dans le web pour maîtriser l’inté et le dev*, pour parler le même langage que les équipes techniques. Internet, à cette époque, était en pleine montée en puissance et je voulais m’orienter vers le webdesign. L’alternance m’a permis de concrétiser ce projet chez Winaretta, dans une toute petite équipe (6/7 personnes).
Arrivée au tout début du projet, j’ai fait de tout : design, photo, newsletter, gestion des e-mailings, intégration, campagnes display… Ça a été hyper-formateur. La connaissance des fonctionnalités et des possibilités du PHP m’ont permis de travailler en cohésion avec les développeurs. Peu coatchée, j’ai gagné rapidement en autonomie. Je suis restée chez Winaretta 1 an 1/2.
Le manque de budget et le peu de marge de manœuvre m’ont donné envie de voir plus loin. Je souhaitais aussi me frotter à d’autres médias, tester une grosse campagne print, faire de la télé…
Je suis entrée chez adopteunmec.com qui cherchait un designer. De 5/6 personnes au démarrage, nous sommes à présent une équipe d’une cinquantaine de personnes.
*l’intégration et le développement

 

3 • Où en es-tu aujourd’hui ?

Ma mission chez adopteunmec.com est très vaste. J’ai participé à la mise en place de la com dès le début. À présent, je gère la DA* de la marque, le webdesign du site, les campagnes display, print, télé et l’événementiel… bref tout ce qui constitue un travail d’agence, sauf que c’est en interne ! Cela représente un éventail assez large de la profession. Ce qui est intéressant, c’est que l’on produit tout nous-mêmes : mettre les mains dans le cambouis permet de toucher à tout, c’est vraiment top !
La présence actuelle d’adopteunmec.com sur 9 pays différents permet de développer une vision internationale conséquente. Cela nous oblige à nous adapter à la communication et à la culture locale.
L’événementiel a été un vecteur d’accélération, on a créé une boutique avec des « mecs » en vitrine, en un temps record, 3 semaines. 1500 retombées dans le monde entier s’en sont suivies !
L’évolution de ma mission a été formatrice et motivante.
À présent, le management et la formation de mon équipe constituent une part importante et satisfaisante de ma fonction.
* Direction artistique

 

4 • Comment vois-tu l’évolution de ta carrière ?

L’événementiel me plaît vraiment. Travailler dans le rush, avoir le retour des gens qui apprécient ton travail, avoir un contact direct avec le public. Par exemple, on a fait au BHV une opération « jeu de piste » où une quarantaine de jeunes femmes sillonnaient le magasin, afin de retrouver Lucienne du Petit Journal. Cette expérience réussie a été passionnante à monter.
J’aime aussi l’idée de transmettre. L’enseignement ne me déplairait pas…

 

5 • Quelle est ta vision du métier ?

Pour moi, être Graphiste, DA… c’est être hyper conscient des problématiques actuelles, être au fait de l’information. Il faut être au courant des mouvements graphiques, toujours être en veille. Au niveau marketing, même si je n’ai pas été formée à ça, cela fait partie des sensibilités que l’on doit développer, pour comprendre les problématiques de cible à qui le message est destiné. Il est nécessaire de s’intéresser à l’humain.

 

6 • Que t’a apporté la formation Brassart ?

Une rigueur. Je suis très tatillon sur les détails ! Grâce à ma formation, j’ai « l’œil ». On m’a appris à tout caler, à bien aligner les éléments et là dessus, je suis insupportable ! C’est une qualité qui peut sembler relou… Mais j’y ai aussi appris à faire des super-dégradés au rouleau ! (rires) 
Issue d’une famille d’artistes (faussaire, peintre, éditeur…), j’ai appris Photoshop et Illustrator toute petite. Brassart m’a appris à relier méthodiquement tous les logiciels de création. L’enseignement des mouvements graphiques m’ont aussi permis de développer ma culture visuelle, d’ouvrir mon regard vers d’autres horizons et d’en faire un métier.

 

7 • Quel souvenir gardes-tu de l’école Brassart ?

C’était cool ! Super ambiance. J’étais dans une promo hyper sympa. On a eu de bons fous-rires. Je me suis bien marrée. Quand je regarde mes travaux de l’époque, je m’en amuse encore. C’était aussi stressant, mais ça nous a mis dans le bain : les nuits blanches, les « charrettes », on les commence à Brassart et on les continue dans notre vie professionnelle !
En prépa, j’ai eu Bernard DEYRIES* comme prof, c’était trop classe !
* Le créateur d’Ulysse 31, Les Mystérieuses Cités d’Or, Inspecteur Gadget…

 

8 • Gardes-tu contact avec des anciens de ta promo ?

Oui, je suis restée très proche de Marie COTTU, mais aussi de Manon GRUAZ avec qui j’étais en prépa. Elle est à présent au Québec. Bénédicte BONNINGUE, qui était dans une promo au dessus, est une de mes amies ; après l’Italie elle est revenue en France. Je ne perds pas non plus le contact avec Julien BODARD.

 

9 • As-tu un conseil à donner à nos étudiants ?

J’en ai plein ! Aucune matière n’est à négliger à l’école. Chacune a un sens, même si on n’en a pas l’impression quand on est élève. Tout est hyper important. Les étudiants doivent se poser la question du pourquoi. Pourquoi on apprend à réaliser un logo sur une grille ? Pourquoi le choix typographique et le calage sont primordiaux. Pourquoi l’étude des compos est incontournable pour exercer son œil ? Pourquoi l’histoire de l’art est nécessaire ? À quoi sert la science des couleurs ? Tout ça leur servira tous les jours, à part peut-être le dégradé au rouleau ^^
La technologie, par exemple, est incontournable. C’est une des plus utiles professionnellement. Je garde mes réflexes des cours de techno dans toute la chaîne graphique (tricks* Photoshop, print…).
Le respect des dead-lines et des contraintes, dès les études, est un bon entraînement pour la vie professionnelle. Et encore, à l’école c’est soft, au taf c’est plus dur… 
Pour être le meilleur, il faut se tenir au courant de toutes les tendances graphiques, techniques, marketing….  Une bonne documentation (veille publicitaire, culturelle, des moods sur Pinterest, Instagram, Dribble…), un bon mood-board sont la clé de la réussite. Rien n’est jamais acquis.
* astuces

 

10 • Quels sont tes critères pour l’embauche d’un jeune créatif ?

La curiosité, la culture sont des critères importants. J’aime que la personne que je rencontre ait son univers, qu’elle soit passionnée, qu’elle soit un moteur. Quelqu’un d’actif en dehors de son travail, engagé, a pour moi un profil intéressant. Je n’apprécie pas les gens qui subissent.
Il faut être dans la tendance ! J’aime connaître les sites web de culture graphique sur lesquels les candidats se rendent quotidiennement. Est-ce qu’ils vont à des concerts typés, à des expos de photographes ou de peintres inconnus, est-ce qu’ils sont geeks, à quoi s’intéressent-ils ? J’aime les gens engagés ; les personnes qui disent aimer musicalement « de tout », qui passent leur temps sur Facebook ou qui matent Secret-story, je les fuis. On a un métier de choix, de curiosité et de culture, il faut l’assumer.
Un étudiant sortant d’une école d’art qui ne va me présenter que des travaux scolaires me séduira moins qu’un étudiant qui intègrera des travaux persos à son book.